Dotation budgétaire : Le premier degré, priorité du ministère ?

 

Le ministère se targue d’une priorité donnée au premier degré en affichant 3 880 créations de postes pour 2018, en partie pour permettre la généralisation du dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire. En réalité, le dédoublement des CE1 en REP + a été reportée à plus tard au cours du quinquennat.

Ainsi, dans les faits, ne sont plus concernés par le dédoublement que les CE1 de REP+ dont les écoles disposent des locaux nécessaires et les départements des
effectifs enseignants suffisants.
En effet, la seule mesure de dédoublement des CP en REP, consommerait à elle
seule 3400 postes.
Une grande absorption de moyens sur le volume totale et à cela, s’ajoute évidemment la montée démographique…
Alors, se pose évidemment une douloureuse question : comment allons-nous faire pour tout conjuguer en même temps ? Certes, le ministère bénéficie d’un appel d’air lié à l’arrivée sur le terrain des néo-titulaires, mais le vivier sera vite tari…
Par conséquent, des expédients devront être trouvés, et les autorités académiques vont rapidement tailler dans le vif : ici on rogne sur l es décharges de direction à hauteur du cadrage national (voir la situation dans le 94), là on rognera sur le nombre total des PDMQC, ou bien on réduira à l’os le nombre de postes de remplacement (91 et 76). La conséquence immédiate sera l’élargissement de la précarité dans le 1er degré avec un recours accru de personnels non titulaires.

De même, avec seulement 1000 postes d’AESH créés sur le territoire, nous serons
bien loin de pouvoir inclure correctement tous les enfants en situation de handicap. Rappelons au passage que nous en avons accueilli dans les écoles et établissements relevant du ministère de l’Éducation nationale (public et privé), 172 145 dans le premier degré (plus de 300000 dans les 1er et 2nd degrés confondus) avec seulement 30000 AESH…
En définitive, au-delà des mots et des formules, ce premier budget de l’ère Macron-Blanquer indique clairement que l’austérité s’applique bien également à l’Éducation nationale et que, dans les faits, il n’est plus question de priorité !
La CGT Éduc’action dénonce cette situation qui discrimine et casse l’Éducation nationale en mettant en danger les personnels et les élèves. Elle intervient auprès du ministère pour que la copie soit revue et appelle les personnels à se mobiliser dans chaque département pour exiger une carte scolaire à la hauteur de tous les besoins.

L’austérité s’applique bien à l’Éducation nationale ; de priorité, il n’en est plus question...