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Le mot du mois : FÉMINISATION : À QUELLE SAINTE SE VOUER ?

dimanche 17 décembre 2017

L’écriture inclusive selon le Ministre de l’Éducation :
« Ça crée des polémiques inutiles (…) Je ne pense pas que ce soit le juste combat de mettre ça sur euh… sur euh… une façon finalement d’abimer notre langue. »
sur BFM-TV le 06/10/2017
« Pardon de le dire, mais c’est très laid. Ça déstructure les textes. »
sur France 3 le19/11/2017

Depuis 2015, le haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes préconise dans son guide en dix points, l’usage d’une communication « sans stéréotypes de sexe ».
Ainsi, le troisième point propose d’« user du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes ».
Pour cela, l’utilisation de l’écriture inclusive peut être un moyen d’y parvenir.
Or, Jean-Michel Blanquer, notre ministre, se considérant comme féministe, se positionne clairement contre. En octobre dernier sur BFM, il déclare que l’écriture inclusive dans les manuels scolaires serait « une façon d’abimer notre langue », un combat qu’il n’estime pas juste.
En disant cela, il se fait le porte-parole de tou•tes les opposant•es qui jugent que :
• féminiser c’est encombrer
• féminiser c’est rendre le texte moins beau
• féminiser c’est une question accessoire
• féminiser c’est gêner la compréhension
• féminiser c’est rendre le texte grammaticalement faux...
Si, en apparence, ces arguments semblent être de bon sens, ils ne sont que ceux d’une vision patriarcale de notre société, que « le sexe le plus noble » impose depuis le XVIIe siècle. Ainsi, la règle grammaticale du masculin l’emportant sur le féminin, édictée à cette époque est aujourd’hui une « norme » de société.
Aussi, se positionner pour l’écriture inclusive (quels que soient les choix pour le faire), est loin d’être un combat injuste :
- c’est favoriser l’égalité femmes-hommes
- c’est rendre chacun-e visible
- c’est susciter le questionnement sur le prestige supposé de certains métiers (institutrice.teur, maire // madame le maire// madame la maire //mairesse, le/la médecin...)
- c’est enrichir notre vocabulaire de mots pourtant si jolis comme poétesse, maïeuticienne, pompière, écrivaine...
- c’est une façon comme une autre d’étudier la grammaire !
Pour la CGT Éduc’action, une chose est sûre, l’écriture inclusive participe à la lutte de toutes et tous [tou•tes, tou-te-s, tous/tes, tous/toutes, toutes/tous] pour l’égalité des droits !
Malika GAUDEL & Chrystel LEVARDON